Enquêtes

Trois ans après le piratage, où en sont les victimes ?

En 2021, une violation massive touchait des millions de clients d'une grande enseigne française. Trois ans après, nous avons suivi le parcours de cinq d'entre eux pour documenter ce que « réparer » veut dire concrètement.

Par (Journaliste spécialisé droits numériques) —

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## Cinq histoires, cinq trajectoires Pour comprendre ce que vivent réellement les victimes d'une violation de données dans la durée, nous avons suivi pendant dix-huit mois cinq personnes dont les données avaient été exposées lors d'une fuite majeure survenue en 2021. Nous avons volontairement anonymisé leurs témoignages et modifié certains détails non essentiels à la compréhension de leur situation. ### Marie, 54 ans, comptable à Lyon Marie a découvert que ses données avaient été exposées quand elle a commencé à recevoir des appels de pseudo-conseillers bancaires qui connaissaient son IBAN. « Le premier appel, j'ai failli tomber dans le panneau. Ils connaissaient mon numéro de compte, mon nom, mon adresse. J'ai raccroché in extremis. » Trois ans plus tard, Marie reçoit encore des tentatives de phishing ciblées deux à trois fois par mois. Elle a changé son numéro de téléphone. Elle n'a pas engagé de procédure d'indemnisation. ### Thomas, 31 ans, développeur à Paris Thomas est l'un des rares à avoir engagé une démarche complète. Dépôt de plainte à la CNIL, action civile via une association de défense des consommateurs, documentation minutieuse de tous les préjudices. Sa procédure est toujours en cours. « On m'a dit deux ans minimum. J'en suis à trente-six mois. »